Mes réglages et astuces sur le terrain pour gérer la discrimination en détection
Résumé de cet article :
- La discrimination vous aide à filtrer les métaux indésirables comme le fer, en filtrant sa plage de conductivité, vous permettant de vous concentrer uniquement sur les cibles non ferreuses.
- Il existe deux méthodes principales : la discrimination sélective pour rejeter des plages de conductivité spécifiques, et la discrimination bidimensionnelle qui analyse conductivité et oxydation pour une meilleure identification.
- Un bon réglage implique souvent de commencer en mode « tous métaux » pour une meilleure profondeur, et d’activer la discrimination uniquement si nécessaire.
- Soyez vigilant aux limites de la discrimination, car une exclusion trop forte peut vous faire manquer des trouvailles intéressantes.

Vous vous demandez comment éviter de creuser inutilement et faire en sorte que votre détecteur cible uniquement les métaux qui vous intéresse ? Nous savons que les détectoristes cherchent à comprendre le fonctionnement de ce mode de détection qu’est la discrimination pour l’utiliser au mieux afin d’être plus efficace sur le terrain.
Vous trouverez ici des réponses claires à vos interrogations, en détaillant les types de discrimination, comment les régler correctement, et les erreurs à ne pas commettre.
La discrimination est-elle importante dans un détecteur de métaux ?
La discrimination dans les détecteurs de métaux permet de supprimer certaines plages de conductivité, comme celles des métaux ferreux (ex. : fer, clous). Les prospecteurs l’utilisent souvent pour éviter d’entendre les signaux liés aux déchets. Régler son détecteur « en mode discrimination » aide à ignorer ces objets non désirés.
Comment ça fonctionne ? Les détecteurs utilisent des filtres ou des algorithmes pour analyser les propriétés électromagnétiques des métaux. Plus un détecteur est précis, mieux il distingue les types de métaux. Ce réglage aide à éviter de creuser inutilement et à cibler des métaux spécifiques.
Cependant, tous les détecteurs n’ont pas cette fonction, et son efficacité dépend du modèle et des réglages. Certains préfèrent les détecteurs sans discrimination pour ne pas manquer des objets cachés sous des métaux moins intéressants.
Comment fonctionne la discrimination dans un détecteur de métaux ?
Les détecteurs de métaux mesurent la réponse électromagnétique des objets sous le disque. La réponse est traduite par un chiffre sur l’écran : le VDI (Visual Discrimination Indicator) ou indice de conductivité.
Sur le terrain, je me fie à cette échelle indicative :
- 0 à 20 (faible conductivité) : Ferreux, clous, fils de fer barbelés, petits éclats métalliques souvent rouillés.
- 25 à 50 (conductivité moyenne) : Papier d’aluminium, tirants de canette, petites monnaies, alliages d’or.
- 60 à 90 (forte conductivité) : Bronze, cuivre, gros modules en argent.

En mode discrimination, le processeur coupe le signal sonore sur la plage sélectionnée. Si vous réglez le filtre à 18, le détecteur reste silencieux sur la ferraille. Mais attention aux contraintes réelles : un sol très minéralisé ou détrempé décale cet indice VDI vers le bas.
La discrimination sélective
La discrimination sélective coupe le son de manière linéaire en partant du bas de l’échelle. C’est le système équipant des modèles populaires comme la gamme Garrett ACE ou les Teknetics. Si vous bloquez jusqu’à 20, tout ce qui se trouve entre 0 et 20 devient muet. La limite ? Si une petite monnaie fine est collée à un clou, le fer masque la bonne cible et vous passez à côté sans émettre le moindre son.

La discrimination bidimensionnelle
Sur les matériels plus récents utilisant le multi-fréquence simultané (comme le Minelab Manticore ou le XP Deus II), la discrimination bidimensionnelle analyse en même temps la conductivité et l’oxydation (la réponse ferreuse). Sur le terrain, cela permet de séparer le fer des alliages même quand ils sont enterrés ensemble dans le même trou.
Le piège du VDI : Pourquoi tout n’est pas si simple sur le terrain
Sur le papier, on pourrait croire que : chiffre bas = déchet en fer et chiffre haut = belle trouvaille. Ce serait merveilleux, mais la réalité du sol est plus vicieuse :
- Des déchets qui sonnent très haut : Les morceaux de zinc ou les culots de cartouches de chasse ont une conductivité élevée (VDI 70-80). Ils partagent la même signature que de belles monnaies.
- Des trésors qui sonnent très bas : Une petite bague en or fin a un volume de métal réduit ; paradoxalement, sa conductivité affichée tournera souvent autour de 45-50 (comme une vulgaire tirette de canette).
- Le casse-tête des alliages anciens : Les monnaies ne sont pas toujours en métaux purs.
- Le Potin (alliage gaulois complexe de cuivre, étain, plomb et antimoine),
- L’Électron (alliage naturel ou artificiel d’or et d’argent souvent coupé),
- Le Billon (mélange pauvre de cuivre et d’argent),
- Les alliages « sales » des monnaies du XXe siècle…
Tous ces alliages ont une conductivité très basse qui vient flirter dangereusement avec la zone des ferreux (VDI 20 à 35). Si vous réglez votre discrimination trop haut pour avoir la paix, vous effacez purement et simplement ces monnaies historiques de votre journée de prospection.
Mon test de terrain : l’épreuve du clou
Pour mesurer l’impact direct du filtrage sur votre détecteur, je vous conseille de faire cet exercice chez vous. Posez une petite monnaie en bronze sur une table en bois. À 5 centimètres d’elle, placez un clou en fer.
Si vous montez la discrimination du fer au maximum pour supprimer le son du clou, balayez votre disque au-dessus des deux objets. Vous constaterez que votre détecteur reste totalement silencieux : le fer masque la bonne cible.
Ce que le terrain nous apprend : Plus vous augmentez le niveau de filtrage, plus vous créez un effet d’ombre au-dessus des objets intéressants situés à proximité de la ferraille. C’est pour cette raison que je privilégie toujours un réglage de rejet minimal pour laisser passer le signal de la monnaie.
Quelle différence entre discrimination classique et mode Notch ?
Alors que la discrimination coupe tout depuis le zéro jusqu’à un niveau donné, le Notch (ou fenêtrage) permet d’isoler et de couper une tranche spécifique au milieu de l’échelle.

Mon retour terrain : Si vous prospectez un champ très pollué par des tirettes de canettes (qui affichent souvent un VDI autour de 40 à 42), vous pouvez appliquer un Notch uniquement sur cette plage [38-42]. Votre détecteur sonnera sur le fer bas (si non discriminé) et sur le bronze plus haut, mais restera muet sur l’aluminium.
Le piège réel : L’aluminium et l’or ont exactement les mêmes propriétés de conductivité. En coupant les tirettes de canette, vous vous privez systématiquement des alliances et petites bagues. Je déconseille d’utiliser le Notch sur les cibles moyennes, sauf si la pollution du sol rend la prospection physiquement impossible.
Tableau de réglage de la discrimination selon le terrain
Sur le terrain, il n’existe pas de réglage universel. La nature du sol impose d’ajuster le niveau de filtrage. Voici la grille de référence que je vous recommande d’appliquer lors de vos sorties :
| Type de terrain | Pollution ferreuse | Niveau de discrimination conseillé | Impact sur la profondeur |
| Forêt ou bois peu fréquenté | Très faible | Mode Tous Métaux (Discrimination à 0) | Profondeur maximale (100 %) |
| Champ labouré | Moyenne | Discrimination basse (Seuil du fer à 10-12) | Pertes minimes (~ 5 %) |
| champ polluée ou Prairie | Élevée | Discrimination moyenne + Iron Volume bas | Perte de 10 à 15 % |
| Sable mouillé plage | Variable | Mode Plage dédié + Compensation de sol | Variable selon la minéralisation |
Mes réglages conseillés pour bien régler son détecteur

Pour garder une profondeur maximale, je travaille toujours avec la discrimination la plus basse possible. Bloquer trop haut réduit la réactivité du disque et fait perdre plusieurs centimètres de pénétration dans le sol.
Voici la méthode que je vous recommande d’appliquer :
- Baissez le volume ferreux (Iron Volume) : Plutôt que de fermer le son du fer, réduisez son volume à 1 ou 2 sur 10. Vous entendrez un bourdonnement grave sur les clous sans subir de fatigue auditive, tout en gardant une excellente perception de l’activité du sol.
- Gardez une marge de sécurité : Si les clous de votre zone sonnent jusqu’à 12, réglez le rejet à 10. Les monnaies très fines en bronze ou en argent usé sonnent parfois très bas ; trop discriminer vous ferait manquer ces cibles.
- Adaptez la sensibilité à la minéralisation : Un sol fortement minéralisé génère de faux signaux. Diminuez légèrement la sensibilité plutôt que d’augmenter la discrimination.
Gros ferreux et effet de halo : La discrimination n’est pas une ligne, c’est un cercle !
C’est l’erreur numéro 1 des prospecteurs : imaginer la discrimination comme une simple règle plate allant de 0 à 100. En réalité, la discrimination fonctionne comme une horloge circulaire où le 99 touche le 0.

Comprendre cette boucle (ce que les ingénieurs appellent le déphasage à 360°) résout deux des plus grands mystères de la détection :
Le mystère du fer à cheval
Pourquoi un fer à cheval profond sonne-t-il avec un son aigu magnifique à 95-99 alors que c’est du fer ?
Parce que sa masse et sa forme circulaire créent une boucle conductrice géante. Le détecteur sature, fait le tour du cadran et place la cible tout en haut de l’échelle.
- Sur le terrain : En profondeur, le fer à cheval sonne comme une monnaie en argent. Mais à mesure que vous creusez et rapprochez le disque, le détecteur analyse mieux la réponse magnétique et la cible « retombe » brutalement vers son vrai statut : un ferreux crachotant à 15.
Le drame des « pots de monnaies » (trésors) et gros objets en argent
C’est une réalité méconnue : certains détecteurs peuvent totalement discriminer un trésor ! Un pot rempli de centaines de monnaies ou un gros lingot possède une conductivité tellement démesurée que le signal dépasse le 99 et « déborde » sur le 0. Le détecteur le prend pour du vulgaire fer et le rend muet si votre discrimination est activée, ou produit un son haché très suspect.
Mon astuce de confirmation en 3 secondes :
Face à un signal aigu, large et puissant : relevez votre disque de 20 à 30 cm du sol tout en balayant.
- Si le son reste aigu et net en l’air : c’est une grosse masse (fer à cheval ou gros métal).
- Si l’indice s’effondre en son grave ou se met à crachoter, vous avez la confirmation qu’il s’agit d’un gros ferreux. Inutile de creuser à 40 cm de profondeur !

Foire aux questions : résoudre les problèmes de discrimination sur le terrain
Pourquoi mon détecteur sonne-t-il alors qu’il n’y a pas de cibles sous mon disque ?
C’est le phénomène de la minéralisation du sol ou de la rosée matinale. Les minéraux magnétiques contenus dans la terre mouillée créent de faux signaux électromagnétiques. Plutôt que de pousser la discrimination, abaissez la sensibilité de 2 ou 3 crans et réalisez un calage d’effet de sol (Ground Balance).
La discrimination fait-elle perdre de la profondeur ?
Oui, systématiquement. Chaque filtre numérique activé demande un temps de calcul au processeur. En poussant le rejet trop haut, vous perdez entre 10 % et 20 % de pénétration des ondes en profondeur. C’est un arbitrage obligatoire entre le confort d’écoute et la puissance brute.
Comment réagir face à un morceau d’aluminium ?
L’aluminium mouillé et déformé imite la signature sonore des petits modules en argent. Ma technique : balayez la cible sous deux angles différents à 90 degrés. Si l’indice VDI saute brutalement de 30 à 70, c’est un déchet. Une vraie monnaie conserve un indice de conductivité stable sous tous les angles de balayage.
Pourquoi mon détecteur ne sonne-t-il pas sur les pièces de 1, 2 et 5 centimes d’euro ?
Votre détecteur n’est pas en panne ! Contrairement aux apparences, ces pièces ne sont pas en cuivre massif : elles ont un cœur en acier (fer) recouvert d’un simple placage de cuivre (faites le test, elles collent aux aimants).
Leur cœur ferreux affiche un indice très bas (VDI entre 0 et 15). Dès que vous activez la discrimination pour éliminer les clous, vous rejetez donc automatiquement ces centimes d’euro.



