Divers sur l'or

L’origine de l’or : de la poussière d’étoiles aux filons terrestres

5/5 - (2 votes)

Résumé de cette page :

Présent sur 90% de la surface terrestre, l’or tire son origine d’événements cosmiques extrêmes. Si sa genèse a d’abord été attribuée aux explosions de supernovas, les observations astrophysiques récentes prouvent que les fusions d’étoiles à neutrons jouent le rôle principal dans sa création. Arrivé sur Terre par un apport météoritique tardif, l’or s’est ensuite concentré sous forme de gisements grâce à des processus géologiques et hydrothermaux.

Schéma explicatif de la formation de l’or et de son histoire géologique depuis l’espace jusqu’à la Terre.

Vénéré pour ses propriétés chimiques uniques, l’or (symbole Au, numéro atomique 79) fascine autant les historiens que les scientifiques. Au-delà de ses usages humains, sa formation physique relève purement de l’astrophysique et de la formation de notre système solaire. Voici les faits scientifiques prouvés expliquant comment cet atome s’est formé dans l’univers profond avant de se loger dans la croûte terrestre.

L’origine cosmique : comment l’or est créé dans l’Univers

batée bleu en orpaillage avec de l'or

L’univers primordial, immédiatement après le Big Bang, ne contenait que de l’hydrogène et de l’hélium. La genèse des éléments lourds a nécessité des phénomènes spatiaux d’une énergie colossale. Cette mécanique de création des atomes s’appelle la nucléosynthèse. Aujourd’hui, les astrophysiciens s’accordent sur deux phénomènes majeurs pour expliquer la présence de l’or.

La nucléosynthèse stellaire et les explosions de supernovas

Les premières étoiles de l’univers fonctionnaient comme des réacteurs thermonucléaires gigantesques. En fusionnant des éléments légers, elles ont synthétisé du carbone, de l’oxygène, puis du silicium. Lorsque ces étoiles massives arrivent en fin de cycle, elles procèdent à la fusion du silicium pour former du fer. L’effondrement gravitationnel qui s’ensuit provoque une onde de choc titanesque appelée supernova.

Lors de ce cataclysme, le flux d’énergie permet d’enclencher des réactions nucléaires intenses formant brièvement des éléments plus massifs, dont quelques atomes d’or. Ces atomes sont ensuite violemment dispersés dans le milieu interstellaire avec les débris de l’étoile.

batée metallique d'un orpailleur avec des pépites à l'interieur

Les kilonovas : la fusion d’étoiles à neutrons (processus r)

Si la supernova crée de l’or, la communauté scientifique a identifié une source bien plus prolifique. L’or naîtrait majoritairement lors d’une collision entre deux étoiles à neutrons. Ces astres, vestiges d’anciennes supernovas, possèdent une densité extrême où la masse d’un soleil est concentrée sur une dizaine de kilomètres de diamètre.

L’analogie de la densité : Pour visualiser la densité stupéfiante d’une étoile à neutrons capable de forger des métaux lourds, imaginez la masse entière du mont Everest compressée pour tenir à l’intérieur d’une tasse de café.

Leur fusion engendre une explosion appelée kilonova. Ce choc libère une quantité faramineuse de matière riche en particules neutres. C’est ici qu’intervient le processus de capture rapide de neutrons (processus r) : les noyaux atomiques absorbent des neutrons à une vitesse vertigineuse avant de subir une désintégration radioactive. Cette réaction génère instantanément des quantités massives d’or et de platine. L’observation directe de l’événement GW170817 en 2017 par les détecteurs d’ondes gravitationnelles LIGO et Virgo a formellement prouvé cette théorie.

L’arrivée sur Terre : le rôle du Grand Bombardement Tardif

Si l’univers fabrique l’or, comment ce matériau s’est-il retrouvé sous nos pieds ? Lors de l’accrétion de la Terre il y a 4,5 milliards d’années, l’or primordial présent dans le disque protoplanétaire a fondu. Comme l’or est fortement sidérophile (il possède une forte affinité chimique avec le fer), il a sombré vers le centre de la planète lors de la formation du noyau terrestre. Le centre de la Terre renferme ainsi suffisamment de métaux denses pour recouvrir le globe entier d’une couche de quatre mètres d’épaisseur.

orpailleur en Irlande

Cependant, l’or que nous exploitons actuellement dans nos mines possède une tout autre provenance. Il a été apporté ultérieurement par l’impact de météorites chondrites. Cet apport météoritique massif s’est produit lors du Grand Bombardement Tardif, une violente pluie d’astéroïdes survenue il y a environ 3,8 à 4 milliards d’années, saupoudrant littéralement le manteau terrestre d’or extraterrestre.

La géologie de l’or : la formation des gisements et filons

Une fois intégré dans la croûte terrestre, cet élément rare s’est concentré au gré du temps géologique. L’activité tectonique et volcanique génère une circulation intense d’eau chauffée en profondeur. Ces fluides hydrothermaux dissolvent les particules aurifères dispersées dans les roches magmatiques et les transportent vers la surface. L’or se cristallise et se concentre alors selon deux typologies de gisements :

  • Les filons de quartz : Le magma et les fluides refroidissent dans les fractures géologiques, piégeant des veines aurifères où le minerai est fortement concentré.
  • Les placers alluvionnaires : L’érosion mécanique arrache l’or des roches mères. Emportées par les cours d’eau, ces particules très denses se déposent dans les méandres des rivières, formant des lits de graviers aurifères et des pépites exploitables.

« L’or que nous exploitons aujourd’hui dans la croûte terrestre est un pur produit d’importation spatiale. Sans ce bombardement météoritique intense survenu au début de l’histoire de notre planète, la surface terrestre serait totalement dépourvue de cet élément. » — Un principe géologique validé par l’Institut de Physique du Globe.

Profitez du code promo "savoir". Inscrivez vous à notre newsletter et recevez un magasine du fouilleur gratuit

code promo boutique du fouilleur detecteur de métaux, orpaillage peche à l'aimant

Nous ne spammons pas ! Vous recevrez qu'une newsletter par semaine. Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Articles similaires

Stephane Ch.

Andorran et passionné de prospection, je suis le rédacteur de ce site web dédié à la détection de métaux, l'orpaillage et la pêche à l'aimant. Diplômé à Strasbourg comme ingénieur géologue en 1993, je suis un ancien chercheur d'or professionnel et consultant en Australie Bendigo et Kimberley) et en Afrique. Pratique occasionnelle la pêche à l'aimant et la détection de métaux sur les plages Catalanes et landaises.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *