Technique d'orpaillage

Gisements et cours d’eau aurifères au Ghana : où trouver de l’or ?

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Résumé de cette page :

  • Le Ghana est le premier producteur d’or d’Afrique, avec un volume dépassant 4 millions d’onces (environ 127 tonnes).
  • Les concentrations aurifères proviennent des roches vertes du Birimien et des formations sédimentaires du Tarkwaien.
  • Les gisements industriels et artisanaux s’étendent sur les régions Ashanti, Ouest, Centre et Est.
  • Les fleuves Offin, Birim, Ankobra et Tano concentrent les dépôts alluvionnaires les plus riches pour l’orpaillage.
Carte des régions et rivières aurifères du Ghana montrant les sites d'orpaillage et les gisements de la région Ashanti et de la Volta.

Anciennement désigné sous l’appellation de Côte-de-l’Or, le Ghana domine l’extraction minière sur le sol africain. Cette abondance repose sur un socle rocheux bimillénaire associé à un puissant réseau hydrographique. Du travail industriel au galamsey (l’orpaillage artisanal local), la localisation du minerai suit des couloirs géologiques et des lits fluviaux bien délimités.

Contexte géologique : pourquoi le sous-sol ghanéen renferme-t-il autant d’or ?

Le Ghana, situé sur le craton ouest-africain, bénéficie d’une géologie exceptionnelle pour la présence d’or. Ce craton, formé il y a plus de 2 milliards d’années, est constitué de roches métamorphiques et ignées riches en minéraux, notamment l’or. Plusieurs facteurs géologiques spécifiques expliquent cette richesse aurifère.

La présence de ceintures de roches vertes est l’un des facteurs les plus importants dans la création de l’or au Ghana. Ces ensembles, regroupés sous le nom de Supergroupe du Birimien et de Système du Tarkwaien, se sont formés il y a 2,1 à 1,9 milliard d’années. Les conglomérats du Tarkwaien constituent d’immenses placers fossiles, comparables aux célèbres gisements du Witwatersrand.

l'or du ghana par un orpailleur avec un pan américain vert

Les intrusions magmatiques ont également joué un rôle déterminant. Au cours de l’histoire géologique du Ghana, des intrusions de magma ont enrichi les roches en or et en autres métaux. Ces intrusions ont non seulement ajouté des minéraux aux roches encaissantes mais ont également créé des failles et des zones de cisaillement. Ces structures géologiques ont facilité la circulation des fluides hydrothermaux riches en minéraux, ce qui a conduit à une concentration significative d’or.

L’altération hydrothermale est un autre processus important. La circulation de fluides chauds riches en minéraux à travers les roches a dissous l’or des roches encaissantes, le précipitant ensuite dans des veines et des filons. Ce phénomène a créé des gisements d’or exploitables, largement répandus au Ghana.

L’érosion mécanique continue a démantelé les veines de quartz et les conglomérats. Les particules lourdes ont été libérées puis transportées par les eaux de ruissellement, créant de gigantesques gisements alluvionnaires le long des cours d’eau modernes du sud ghanéen.

L’orogenèse éburnéenne, survenue il y a deux milliards d’années, a plissé et fracturé les ceintures de schistes et de roches volcaniques. Dans les lits des rivières ghanéennes actuelles, l’or libre ne se répartit pas de façon homogène. Les particules sédimentent prioritairement dans les zones de ralentissement hydrodynamique : à l’intérieur des méandres (point bars), en aval des bancs de galets et directement dans les failles naturelles du socle rocheux (bedrock). Ces anfractuosités rocheuses piègent les grains les plus denses lors des crues torrentielles, formant des concentrations appelées poches alluviales ou placers fluviatiles.

Les grands bassins miniers et régions aurifères du Ghana

La région Ashanti demeure le centre névralgique de la production avec la ville minière d’Obuasi, dont le complexe souterrain figure parmi les plus profonds et productifs au monde. À l’est de Kumasi, le district de Konongo rassemble également d’importants filons de quartz minéralisés. Plus à l’ouest, les terres de la région d’Ahafo abritent des exploitations de surface de grande envergure.

La Western Region (région Ouest) et le Western North composent le second pôle aurifère majeur. On y trouve la célèbre mine d’or de Tarkwa, exploitée pour ses conglomérats sédimentaires, ainsi que le complexe de Prestea-Bogoso, installé le long d’une faille de cisaillement majeure. La région du Western North intègre quant à elle le gisement historique de Bibiani, réactivé pour son fort potentiel de minerai primaire.

La Région Orientale (Eastern Region) se distingue par la mine d’Akyem, située au cœur des collines de Birim North. Contrairement aux idées reçues, les régions septentrionales et la Volta ne concentrent pas de grandes mines industrielles souterraines, mais révèlent des indices alluvionnaires le long des cours d’eau saisonniers traversant le nord du pays.

paillettes d'or trouvés au ghana

Réglementation minière ghanéenne : qui peut prospecter de l’or ?

La législation encadrant l’extraction de l’or au Ghana figure parmi les plus strictes d’Afrique de l’Ouest, sous la tutelle directe de la Minerals Commission et du ministère des Terres et des Ressources naturelles. Le cadre fixé par la loi Minerals and Mining Act (Act 703) impose des conditions d’accès très précises :

  • L’exploitation artisanale à petite échelle (Small-Scale Mining) est exclusivement réservée aux citoyens ghanéens âgés d’au moins 18 ans, enregistrés auprès des bureaux de district minier.
  • Toute activité d’orpaillage sans permis officiel est qualifiée de galamsey, une pratique illégale passible de lourdes peines d’emprisonnement et de saisies immédiates de matériel.
  • Les ressortissants étrangers ne peuvent intervenir légalement que via des investissements dans des compagnies industrielles détentrices de concessions à grande échelle (Large-Scale Mining Leases).
  • Tout titulaire d’autorisation doit obtenir au préalable un certificat environnemental délivré par l’Environmental Protection Agency (EPA) pour garantir la préservation des nappes phréatiques.

Cours d’eau aurifères : cartographie des alluvions

Le réseau hydrographique du Ghana draine les versants des collines minéralisées. En s’écoulant, les rivières concentrent naturellement les paillettes d’or et les poussières minérales au fond de leurs lits et dans les plaines d’inondation.

  • Le fleuve Ankobra : traverse les districts miniers de Prestea et Tarkwa, drainant directement les roches tarkwaiennes.
  • La rivière Offin : affluent direct du fleuve Pra, réputée pour ses terrasses alluviales à haute teneur en sables aurifères.
  • La rivière Birim : cours d’eau emblématique de l’Est ghanéen, connue pour ses concentrations simultanées d’or et de diamants alluvionnaires.
  • Le fleuve Tano : longe la frontière occidentale et alimente des zones d’alluvions étendues dans les basses terres forestières.

Saisonnalité des crues et état écologique des bassins versants

Le régime des cours d’eau ghanéens dépend étroitement du calendrier des moussons. Pendant la saison des pluies (qui culmine de mai à juin au sud, et d’août à septembre au nord), les débits de l’Offin, de la Birim et de l’Ankobra deviennent violents. L’immersion totale des terrasses alluviales interdit alors toute approche sécurisée des berges ou du lit mineur.

La période comprise entre décembre et mars, dominée par l’alizé sec de l’Harmattan, provoque une baisse du niveau des eaux, découvrant les grèves de sables lourds et facilitant l’accès aux fissures du substrat rocheux.

Il demeure toutefois impossible d’aborder les cours d’eau ghanéens sans souligner leur dégradation écologique critique. L’intensité des travaux clandestins d’orpaillage sur les rivières Pra, Birim et Bonsu a généré une turbidité extrême et une pollution chimique au mercure.

Ces perturbations ont entraîné la fermeture de plusieurs stations de traitement d’eau potable dans le sud du pays. Les autorités nationales déploient régulièrement des forces d’intervention militaires le long des cours d’eau pour interdire tout dragage fluvial illicite.

Secteurs précis d’alluvions et pratique locale de l’orpaillage

pépites d'or trouvées au ghana avec un détecteur de métaux

L’activité d’orpaillage artisanal, exercée le long des berges, cible des zones précises où la vitesse du courant faiblit, permettant aux particules lourdes de se déposer sur le socle (bedrock).

Dans le bassin Ashanti, la rivière Subri présente de riches bancs de graviers entre Dunkwa-on-Offin et Bogoso. La rivière Offin rassemble des concentrations notables au niveau de ses méandres encaissés entre Asante Bekwai et Dunkwa. Les alluvions de la Bonsu, situées en aval de Kenyase, retiennent également des sables denses prisés des exploitants artisanaux.

Dans les régions du Centre et de l’Est, la rivière Ayensu offre des dépôts exploitables sur les berges situées entre Nsawam et Adeiso. La rivière Densu, en aval de Koforidua, stocke des sables aurifères dans ses bancs convexes. Sur la Birim, les placers les plus productifs se localisent autour d’Akim Oda, où les graviers sous-jacents piègent de nombreuses particules métalliques.

Plus au sud-ouest, l’Ankobra demeure activement exploitée sur ses terrasses alluviales anciennes en aval de la ville de Tarkwa. Enfin, dans la moitié septentrionale du pays, la Volta Blanche (notamment en aval de Yapei) ainsi que la rivière Tono déposent des couches sédimentaires minéralisées qui sont remaniées au tamis et à la batée dès la décrue saisonnière.

Les activités extractives fluviales doivent obligatoirement composer avec les réglementations de la Minerals Commission du Ghana afin de limiter l’envasement des bassins et préserver la qualité de l’eau potable des populations riveraines.

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Stephane Ch.

orpailleur depuis 2007 et auteur de guides pratiques en prospection de loisir

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