Technique d'orpaillage

Apprendre à lire une rivière : l’art de comprendre comment fonctionne un cours d’eau pour prévoir où se déposera l’or

Nous voilà dans le vif du sujet pour un orpailleur. Arriver à bien comprendre le fonctionnement d’un courant dans une zone donnée pour prévoir quel endroit l’or est susceptible de se déposer ou de se faire piéger est une faculté sous-estimée et pourtant, oh combien importante.

Dans l’étude des dépôts aurifères, l’accent est mis sur les placers fluviaux et de bancs, influencés par les flux d’eau. Les placers fluviaux, immergés, subissent des phases de dépôt sédimentaire après les crues et des périodes de mobilisation de sédiments lors des hautes eaux. En revanche, les placers de bancs, en surface, accumulent des sédiments lors des crues et sont accessibles en période d’étiage. Le courant d’eau joue un rôle prépondérant : il ralentit près des berges en ligne droite, favorisant les dépôts, et crée des zones d’érosion et d’accumulation dans les courbes sur les berges extérieures. Comprendre ces dynamiques aide à localiser les zones propices à la prospection aurifère.

Dans cet article, nous allons vous aider à acquérir cette compétence. Tout du moins, de vous sensibiliser aux différents endroits que vous devriez prospecter en premier lorsque vous arrivez dans un nouveau spot d’orpaillage, rien qu’en regardant comment le courant de l’eau se comporte. C’est moyen qui vous permettra de gagner du temps en étant beaucoup plus efficace pour aller là où l’or a le plus de chance de se faire piéger.

Comprendre les flux de la rivière pour localiser l'or [PODCAST]

La correspondance entre le courant de l’eau et son impact sur le dépôt aurifère

Lorsqu’on parle de dépôts aurifères, on parle toujours de placer ou placier aurifère. Et la base de la prospection en orpaillage (le fait de rechercher où l’or se dépose et se concentre) se base sur la compréhension du déplacement sédimentaire et la localisation des zones de dépôts de charges sédimentaire (nos fameux placers).

En orpaillage, il existe 4 types de placers :

  • Les placers résiduels,
  • Les placers éluviaux
  • Les placers fluviaux, et
  • Les placers de bancs

Pour le sujet qui nous intéresse ici, c’est uniquement les placers fluviaux et de bancs qui nous importe, car directement liés aux facteurs de transports sédimentaires du à l’eau, plus particulièrement les cours d’eau.

La différence qui existe entre ces 2 derniers types placers résident dans le fait que les placers fluviaux se situent entièrement sous l’eau alors que les placiers de bancs se trouvent en surface. Dans ces 2 types de placers, le dépôt de sédiments et d’or se fait de façons assez différentes.

ancien placer sur le salat

Les placers fluviaux

Les placers fluviaux, constamment immergés, subisse des phases de dépôts sédimentaires juste après une grosse montés du niveau de l’eau et de débit, des phases de mobilisation de sédiments pendant les crues, et des phases de stagnations sédimentaires lorsque le débit de l’eau est normal.

En fonction du fond du lit du cours d’eau, pour ce qui est de notre or, ces phases de stagnations sédimentaires peuvent permettre une meilleure accroche de l’or dans les pièges naturel si le fond est du bedrock, ou au contraire une migration vers le bas si le fond est sur un bancs de graviers ou une zone de dépôts sédimentaire (ce qui est très problématique pour nous).

Les placers de bancs

Les placiers de bancs, quant à eux sont plus simple à appréhender. Lors des montés de débits pendant les fortes pluies les crues, ces placers ont tendances à accumuler des sédiments et favorisent le dépôt d’or (en tout cas sur le papier). Lors de la baisse des niveaux d’eau, le placer se retrouve à l’air libre, idéal pour être prospecté et exploité par un chercheur d’or.

Mais en réalité, un placer de banc peut aussi bien subir un phénomène de dépôts de sédiments tout comme un phénomène d’érosion si le débit devient trop important.

Par exemple : si une crue mets beaucoup trop de temps à se réduire ou si le placer est soumis prends plusieurs semaine à un niveau d’eau recouvrant notre banc, il se produira un phénomène de micro-vibration des sables et des graviers par le courant d’eau circulant. Cela aura pour effet de favoriser la pénétration des matériaux les plus lourds dans le fond du placer, ce qui demandera à l’orpailleur, en été à creuser beaucoup plus en profondeur pour tenter de récupérer la poche aurifère sédimentaire.

Autre astuce pour reconnaitre un banc placer de banc. Un bon placer de banc ne doit pas être place (comme sur la photo ci-dessus). Un banc de graviers qui favorise de dépôt aurifère sera soit bombé avec une pente descendante vers l’eau (comme dans l’image ci-dessous), doit sous la forme d’une terrasse.

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Il faut surtout retenir qu’une crue peut tout aussi bien être synonyme de dépôt aurifères comme de stérilisation aurifère sur un placer. Une crue favorable au déplacement et au dépôt aurifère doit être puissant, pour mobiliser le plus de sédiments possible présent sur la goldline du lit du cours d’eau hors des placers, avec un retour au niveau nominal le plus rapide possible pour limiter la migration par gravité et vibration de l’or tout au fond du placer.

Comprendre le déplacement du courant

La toute première chose à observer dans un spot d’orpaillage est de regarder comment s’écoule le courant. À cela, il faut également ajouter la forme du lit du cours d’eau. L’ensemble de ces 2 aspects vous permettront de commencer à appréhender comment le courant influence un potentiel dépôt et un potentiel déplacement de sédiments.

Pour mieux comprendre que ces 2 facteurs fonctionnent ensemble, comprenez bien qu’un lit en ligne droite n’agira pas de la même façon qu’en lit en courbe, sur les impacts du courant.

Avant de rentrer dans le détail, il faut expliquer que le courant de l’eau ne se voit pas en 2D comme on peut le voir lorsqu’on est au bord de l’eau à la surface, mais bien en 3D avec des courants de surface et du courant en profondeur sous l’eau. Aussi, la première chose à faire sera de regarder d’abord le courant de surface pour avoir une vue macro de son impact sur le milieu, mais il faudra aussi regarder et marcher dans l’eau pour voir comment le courant a agit et agit encore aujourd’hui sur l’érosion du sol et du bedrock.

L’impact du courant sur un lit en ligne droit

Même si orpailler sur un cours rectiligne n’est pas l’idéal, il n’en demeure pas moins que parfois, on n’a pas le choix et surtout que ce genre de configuration n’exclut par la présence d’or ici.

Ralentissement de l'eau au bord de la rampe

Sur un lit en ligne droite, la première zone qu’il faudra prospecter sera les bordures. En ligne droite, la zone qui créait le plus de ralentissement est la zone de contact avec le bord de la rive qui est statique. C’est donc une zone de ralentissement comme on aime bien en orpaillage. On peut observer ce phénomène sur une rampe d’orpaillage sans flare et suffisamment longue. Cela se traduit par de petites stries d’eau, signe que le courant est ralenti au contact avec le bord, contrairement au flux central.

Le problème majeur dans cet endroit est qu’une berge est toujours surélevé par rapport au fond du lit d’une rivière. Comme nous savons tous que l’or et la goldline est un amas de matériaux dense, ces derniers resteront de préférence au point le plus bas. Cependant, il est important de noter qu’en période d’étiage (niveau le plus bas du cours d’eau en été), la zone de contact de la berge avec l’eau est très certainement submergé en période de cru ou de fonte des glaces. Aussi, l’or peut très bien avoir eu le temps de s’y déposer, poussé par la puissance du courant dans ces eaux hautes.

Là où la prospection sera intéressante en ligne droite, ce sera d’aller chercher plus sous l’eau en sniping par exemple (toujours en restant en sécurité). C’est réellement là, sous la condition que le bedrock est apparent, que vous pourrez trouver de l’or en quantité, dans les différents pièges dans le bedrock.

L’impact du courant dans une courbe d’une rivière

Ici, on entre dans des concepts beaucoup plus familiers pour un orpailleur. En effet, lorsque le cours d’eau dessine une courbe, les orpailleurs adorent exploiter la berge intérieure du méandre.

En effet, dans un méandre ou une courbe, la berge intérieurs du virage est une zone de dépôt alluvionnaire alors qu’à l’inverse, la berge extérieurs est une zone érodée par le courant. Et pour cause, lorsque le flux de l’eau doit suivre une courbe, le volume d’eau a plus de distance à parcourir en passant par l’extérieur qu’en passant par le côté intérieur. Se produit alors une légère accumulation de volume d’eau à l’intérieur, ce qui ralentit le flux.

plage de graviers avec dépots aurifères

Et comme nous venons de le voir précédemment, tout ralentissement du cours d’eau est bénéfique à un dépôt de sédiment. Ce dépôt de sédiment se produit par un banc descendant vers le centre du lit en pente douce. C’est dans sur ce lit de graviers que se déposera l’or, pris entre les minéraux grossiers.

Là où un prospecteur peut pousser un peu plus loin son expertise, c’est lorsqu’il sera capable de définir les endroits exacts où l’or sera le plus concentré sur cette zone d’accumulation sédimentaire ou placer. Généralement, un placer réalise pour vous un classement des minéraux, mais également d’or.

L’or sera plus gros et massif en amont du placer et du méandre, car c’est là que le ralentissement du courant est le plus important. Plus en aval, l’or que vous trouverez sera beaucoup plus fin, dû à la reprise de vitesse du flux ralentis un peu plus haut.

Si la placer présente une terrasse en dépôt, n’habitez pas à prospecter également, car, imaginez-vous en période de cru avec un niveau d’eau beaucoup plus important qu’en été.

terrasse aurifère au bord d'une rivière du Céze

Lire les courant transversaux en surface

Jusqu’à maintenant, nous avons globalement parlé des courants majeurs, c’est-à-dire des courants principaux qui suivent le courant principal. Mais il faut également savoir qu’il existe des courants secondaires qui modifient quelque peu le sens de certains flux du courant.

Ces courants transversaux, qui orientent certains flux vers les côtés, sont dus aux formes du fond du lit du cours d’eau et de l’érosion qu’il a subit. Aussi, l’érosion hydraulique creuse la roche au fil des siècles, produisant des crevasses et des fausses qui modifient le flux.

La goldline, elle, ne suit pas “bêtement” le courant principal. Elle est juste poussée par lui, mais elle suit avant tout un chemin fonction des formes du bedrock, au fond de l’eau. Voilà pourquoi il est intéressant de regarder attentivement le courant et les différents flux primaires et secondaires transversaux, afin de suivre par où passe la goldline.

courant tourbillonnant indiquant la présence d'une marmite

Par exemple, on va chercher à observer un brusque changement de direction de l’eau vers les côtés, ou encore la formation de tourbillons rotatoires. Si vous apercevez ce genre de phénomène à la surface, alors il sera intéressant de suivre cette piste.

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Dans le cas d’un changement de direction latéral et rectiligne, il y a de fortes chances qu’une crevasse fasse dévier le courant en suivant cette gorge. Si vous observez à la surface de l’eau un tourbillon, alors il y a très probablement une marmite en cours de formation. Dans tous les cas, il, faudra essayer d’y prospecter.

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