Pièce Napoléon III : Guide d’identification de cette monnaie
Résumé de cette page :
- Les monnaies de Napoléon III, frappées de 1852 à 1870, sont des objets de collection représentant l’Empire français et affichant des symboles comme l’aigle impérial.
- Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, est devenu empereur après avoir été le premier président de la Deuxième République, marquant la fin de la monarchie en France.
- Son règne a été caractérisé par une politique intérieure de modernisation, notamment la transformation de Paris par Haussmann, et une politique étrangère cherchant à restaurer l’influence française en Europe et dans les colonies.
- La fin du Second Empire est survenue avec la défaite de Sedan en 1870 face à la Prusse, entraînant la capture de Napoléon III et la proclamation de la Troisième République.
- Les pièces frappées sous Napoléon III se déclinent en différentes valeurs et métaux (or, argent, bronze), chacune ayant des caractéristiques distinctes en termes de diamètre, de tranche et de revers.

Les pièces de monnaie de Napoléon III, émises durant le Second Empire entre 1852 et 1870, sont des témoins numismatiques. Composées d’or, d’argent ou de bronze, elles arborent des symboles tels que l’aigle impérial ou l’effigie de l’empereur.
Ces monnaies sont recherchées par les collectionneurs. Qu’elles soient trouvées en brocante ou lors d’une détection, ce guide présente leurs spécificités et particularités et vous guidera pour les identifier et comprendre leurs particularités des pièces Napoléons III.
Napoléon III : L’héritier de l’Empire entre ambitions nationales et destin colonial
Né le 20 avril 1808 et décédé le 9 janvier 1873, Louis-Napoléon Bonaparte est une figure centrale du XIXe siècle français. Après avoir été le premier président de la Deuxième République, issue de la Révolution de 1848, il devient le dernier monarque français. Il accède au trône impérial sous le nom de Napoléon III avec l’instauration du Second Empire en 1852.
Descendant de la maison Bonaparte, il est le fils de Louis Bonaparte, ancien roi de Hollande et frère de Napoléon Ier. Sa mère est Hortense de Beauharnais, fille de l’impératrice Joséphine. Il devient l’aîné des Napoléon après le décès de son frère et de l’Aiglon (Napoléon II).

Une pièce de 10 centimes de type Cérès, parfois confondue avec une 10 centimes Napoléon III, et une autre pièce cette fois de 10 centesimi pouvaient également y figurer. Les monnaies d’Italie, d’Argentine, de Belgique, de Tunisie ou de Bulgarie avaient cours légal en France grâce à l’Union Monétaire Latine.
Louis-Napoléon expose sa vision politique dans son ouvrage « Idées napoléoniennes ». Cet écrit combine romantisme, autoritarisme libéral et socialisme utopique. Ses premières tentatives de coup d’État n’aboutissent pas. Toutefois, la Révolution de 1848 relance sa carrière politique. Le 4 juin 1848, il est élu député dans quatre départements. Il siège à l’Assemblée Nationale dès septembre de cette année.
Après la promulgation de la Constitution le 4 novembre 1848, il se présente à la première élection présidentielle française au suffrage universel masculin. Le 10 décembre suivant, il est élu pour un mandat de quatre ans. Il obtient près de 75 % des voix. Cette victoire fut en partie due au soutien du parti de l’Ordre, à la division des gauches. De nombreux électeurs ruraux, peu informés, pensaient voter pour Napoléon Ier.
Le 20 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte prête serment en tant que Président de la République. Il s’installe au Palais de l’Élysée. Le 31 mai 1850, une loi importante restreint le suffrage universel. Elle impose trois ans de résidence et exclut ainsi trois millions d’électeurs, notamment ouvriers et artisans. En s’y opposant publiquement, Louis-Napoléon accroît sa popularité. Au début de 1851, il demande la prolongation de son mandat. L’Assemblée Nationale se montre réticente à toute révision constitutionnelle.
Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851, jour anniversaire du sacre de Napoléon Ier, il dissout l’Assemblée et rétablit le suffrage universel. Malgré quelques révoltes sévèrement réprimées, le coup d’État est validé par plébiscite les 20 et 21 décembre 1851, ouvrant la voie à l’Empire.
En janvier 1852, une nouvelle constitution prolonge le mandat présidentiel à 10 ans, ouvrant la voie au pouvoir impérial. Durant la guerre de Crimée (1854-1856), l’Empereur Napoléon III s’efforce de rétablir l’influence de la France sur la scène politique européenne. Les succès sont partiels. Malgré des victoires diplomatiques, il est souvent isolé. Il doit aussi composer avec une administration et des diplomates monarchistes, hostiles à son autorité personnelle. Cette opposition interne freine l’efficacité de sa politique.
À Alger, où il effectue un voyage personnel, l’empereur développe une vision singulière de l’Empire colonial français. Il estime que les colonies devraient être liées à sa personne, plutôt qu’à l’État français. Il prononce la célèbre phrase : « Je suis l’empereur des Français et des Arabes« . Cette déclaration anticipe une logique de communauté unie autour du souverain, un modèle similaire au futur Commonwealth britannique.
Sur le plan européen, sa politique en Italie, menée contre l’Autriche et en faveur de l’unification italienne, notamment aux côtés du royaume de Piémont-Sardaigne, est notable. Elle permet à la France d’annexer la Savoie et le comté de Nice en 1860, après un plébiscite. L’empereur a participé activement à la campagne d’Italie (1859), affirmant avoir « payé de sa personne ».

L’échec de l’expédition du Mexique (1861-1867), ainsi que la politique de neutralité face aux tensions entre l’Autriche et la Prusse, affaiblissent le régime de Napoléon III. L’empereur, déjà affaibli par la maladie et des divisions internes, renonce à sa politique étrangère ambitieuse. En France, le plan intérieur connaît un essor économique important. On observe le développement bancaire avec des institutions comme le Crédit Mobilier, un réseau ferroviaire en pleine expansion, et une modernisation urbaine.
Inspiré par son séjour à Londres, Napoléon III souhaite faire de Paris une capitale moderne. Il confie au Baron Haussmann la charge des grands travaux urbains. Ces travaux haussmanniens incluent la création de nouveaux boulevards, un réseau d’égouts modernisé, des édifices emblématiques comme le Palais Garnier, et de nombreux espaces verts. Parmi eux, on trouve le Parc des Buttes-Chaumont et le Parc Montsouris. Ces chantiers redessinent le Paris du XXe siècle et sont appliqués dans d’autres villes françaises.
En 1869, l’empereur nomme Émile Ollivier, républicain modéré, à la tête du gouvernement. Bien que partisans de la paix, Napoléon III et Ollivier cèdent à la pression des bellicistes, parmi lesquels l’impératrice Eugénie. Les tensions s’intensifient avec la Prusse, notamment concernant la succession d’Espagne. La dépêche d’Ems, habilement manipulée par le chancelier Otto von Bismarck, incite la France à déclarer la guerre à la Prusse en juillet 1870. Les premières défaites militaires et politiques mènent à la chute du ministère Ollivier le 9 août 1870, isolant ainsi l’empereur.
Le 2 septembre 1870, après la défaite de Sedan lors de la Guerre franco-prussienne, Napoléon III est capturé. Il signe la capitulation à Donchery. Deux jours plus tard, le 4 septembre 1870, la Troisième République est proclamée à Paris par des députés républicains, dont Léon Gambetta. La déchéance officielle de Napoléon III n’est cependant votée que le 1er mars 1871. Dans une France indifférente, l’empereur déchu s’exile en Angleterre, en mars 1871.
Monnaies frappées sous Napoléon III
Les pièces de Napoléon III, produites par la Monnaie de Paris, représentent une période numismatique riche. Elles se déclinent en plusieurs dénominations et métaux. Chaque type de monnaie possède des caractéristiques propres en termes de diamètre, de tranche, et de motif de revers. Les lois de retrait de ces monnaies, telles que la loi du 25 juin 1928 ou celle du 31 octobre 1934, ont progressivement retiré ces pièces de la circulation légale. Voici une liste détaillée des principales monnaies impériales :
| Nom de la monnaie | Image de la monnaie | Métal | Diamètre | Tranche | Années de frappe | Loi de retrait | Revers |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 100 Francs tête laurée | ![]() | Or | 35 mm | Relief « Dieu protège la France » | 1862–1870 | 25 juin 1928 | Écu avec aigle sur foudre, collier de la Légion d’Honneur, manteau impérial |
| 50 Francs tête laurée | ![]() | Or | 28 mm | Relief « Dieu protège la France » | 1862–1868 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 20 Francs tête laurée | ![]() | Or | 21 mm | Relief « Dieu protège la France » | 1861–1870 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 10 Francs tête laurée | ![]() | Or | 19 mm | Cannelée | 1862–1868 | 25 juin 1928 | Valeur dans une couronne de laurier |
| 5 Francs or tête laurée | ![]() | Or | 17 mm | Cannelée | 1862–1868 | 25 juin 1928 | Valeur dans une couronne de laurier |
| 5 Francs argent tête laurée | ![]() | Argent | 37 mm | Relief « Dieu protège la France » | 1861–1870 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 2 Francs argent tête laurée | ![]() | Argent | 27 mm | Cannelée | 1866–1870 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 1 Franc argent tête laurée | ![]() | Argent | 23 mm | Cannelée | 1866–1870 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 50 Centimes argent tête laurée | ![]() | Argent | 18 mm | Cannelée | 1864–1869 | 25 juin 1928 | Couronne impériale |
| 20 Centimes (petit module) | ![]() | Argent | 15 mm | Cannelée | 1864–1866 | 25 juin 1928 | Couronne impériale |
| 20 Centimes (grand module) | ![]() | Argent | – | Cannelée | 1867–1868 | 25 juin 1928 | Couronne impériale |
| 10 Centimes tête laurée | ![]() | Bronze | 30 mm | Lisse | 1861–1865 | 31 oct. 1934 | Aigle sur foudre, ailes ouvertes |
| 5 Centimes tête laurée | ![]() | Bronze | 25 mm | Lisse | 1861–1865 | 31 oct. 1934 | Aigle sur foudre, ailes ouvertes |
| 2 Centimes tête laurée | ![]() | Bronze | 20 mm | Lisse | 1861–1862 | 24 nov. 1940 | Aigle sur foudre, ailes ouvertes |
| 1 Centime tête laurée | ![]() | Bronze | 15 mm | Lisse | 1861, 1862, 1870 | 24 nov. 1940 | Aigle sur foudre, ailes ouvertes |



















