Pièce Napoléon III : Guide d’Identification et Valeur des Monnaies du Second Empire
Résumé de cette page :
- Les monnaies de Napoléon III, frappées de 1852 à 1870, sont des objets de collection représentant l’Empire français et affichant des symboles comme l’aigle impérial.
- Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, est devenu empereur après avoir été le premier président de la Deuxième République, marquant la fin de la monarchie en France.
- Son règne a été caractérisé par une politique intérieure de modernisation, notamment la transformation de Paris par Haussmann, et une politique étrangère cherchant à restaurer l’influence française en Europe et dans les colonies.
- La fin du Second Empire est survenue avec la défaite de Sedan en 1870 face à la Prusse, entraînant la capture de Napoléon III et la proclamation de la Troisième République.
- Les pièces frappées sous Napoléon III se déclinent en différentes valeurs et métaux (or, argent, bronze), chacune ayant des caractéristiques distinctes en termes de diamètre, de tranche et de revers.

Les pièces de monnaie de Napoléon III, émises durant le Second Empire entre 1852 et 1870, sont des témoins numismatiques. Composées d’or, d’argent ou de bronze, elles arborent des symboles tels que l’aigle impérial ou l’effigie de l’empereur.
Ces monnaies sont recherchées par les collectionneurs. Qu’elles soient trouvées en brocante ou lors d’une détection, ce guide présente leurs spécificités et particularités et vous guidera pour les identifier et comprendre leurs particularités des pièces Napoléons III.
Monnaies frappées sous Napoléon III
Frappées entre 1852 et 1870, les monnaies impériales de Napoléon III circulent sous trois métaux : le bronze, l’argent et l’or. Deux graveurs généraux supervisent leur gravure : Jean-Jacques Barre pour la série tête nue, puis son fils Désiré-Albert Barre pour la série tête laurée. Pour chaque valeur faciale, l’identification repose sur le poids officiel, le diamètre, la lettre d’atelier et le niveau d’usure. Les lois de retrait de ces monnaies, telles que la loi du 25 juin 1928 ou celle du 31 octobre 1934, ont progressivement retiré ces pièces de la circulation légale.
L’effigie de l’empereur évolue selon la phase politique du règne :
- Le type tête nue (1852-1860) : Les pièces présentent le portrait sans couronne. L’inscription circulaire indique NAPOLEON III EMPEREUR. Au revers, les monnaies en bronze affichent un aigle impérial aux ailes tombantes, posé sur un foudre.
- Le type tête laurée (1861-1870) : Après la victorieuse campagne d’Italie de 1859, l’empereur adopte la couronne de lauriers, rappelant les empereurs romains. Ce symbole s’accompagne souvent au revers du grand écu impérial ceint du collier de la Légion d’honneur.
Voici une liste détaillée des principales monnaies impériales :
| Nom de la monnaie | Dénomination faciale | Métal | Diamètre | Tranche | Années de frappe | Loi de retrait | Revers |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 100 Francs tête laurée | ![]() | Or | 35 mm | Relief « Dieu protège la France » | 1862–1870 | 25 juin 1928 | Écu avec aigle sur foudre, collier de la Légion d’Honneur, manteau impérial |
| 50 Francs tête laurée | ![]() | Or | 28 mm | Relief « Dieu protège la France » | 1862–1868 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 20 Francs tête laurée | ![]() | Or | 21 mm | Relief « Dieu protège la France » | 1861–1870 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 10 Francs tête laurée | ![]() | Or | 19 mm | Cannelée | 1862–1868 | 25 juin 1928 | Valeur dans une couronne de laurier |
| 5 Francs or tête laurée | ![]() | Or | 17 mm | Cannelée | 1862–1868 | 25 juin 1928 | Valeur dans une couronne de laurier |
| 5 Francs argent tête laurée | ![]() | Argent | 37 mm | Relief « Dieu protège la France » | 1861–1870 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 2 Francs argent tête laurée | ![]() | Argent | 27 mm | Cannelée | 1866–1870 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 1 Franc argent tête laurée | ![]() | Argent | 23 mm | Cannelée | 1866–1870 | 25 juin 1928 | Identique au 100 Francs |
| 50 Centimes argent tête laurée | ![]() | Argent | 18 mm | Cannelée | 1864–1869 | 25 juin 1928 | Couronne impériale |
| 20 Centimes (petit module) | ![]() | Argent | 15 mm | Cannelée | 1864–1866 | 25 juin 1928 | Couronne impériale |
| 20 Centimes (grand module) | ![]() | Argent | – | Cannelée | 1867–1868 | 25 juin 1928 | Couronne impériale |
| 10 Centimes tête laurée | ![]() | Bronze | 30 mm | Lisse | 1861–1865 | 31 oct. 1934 | Aigle sur foudre, ailes ouvertes |
| 5 Centimes tête laurée | ![]() | Bronze | 25 mm | Lisse | 1861–1865 | 31 oct. 1934 | Aigle sur foudre, ailes ouvertes |
| 2 Centimes tête laurée | ![]() | Bronze | 20 mm | Lisse | 1861–1862 | 24 nov. 1940 | Aigle sur foudre, ailes ouvertes |
| 1 Centime tête laurée | ![]() | Bronze | 15 mm | Lisse | 1861, 1862, 1870 | 24 nov. 1940 | Aigle sur foudre, ailes ouvertes |
Quelle est la valeur d’une pièce Napoléon III ? Intérêt Historique et rareté
Pour tout passionné de détection et de patrimoine, la valeur d’une pièce Napoléon III ne s’évalue jamais en espèces ou en cotation marchande. Chercher à monnayer un témoin sorti de terre va à l’encontre de notre passion. Une monnaie constitue une archive de notre passé : sa véritable valeur réside dans le témoignage historique qu’elle apporte sur le lieu de sa découverte, les échanges commerciaux locaux et la circulation monétaire du Second Empire.
Pour évaluer l’intérêt patrimonial d’une monnaie de Napoléon III sans parler d’argent, les numismates s’appuient sur trois critères d’identification :
- La valeur faciale d’origine : Elle indique le pouvoir d’achat à l’époque de l’empereur, depuis le modeste 1 centime en bronze servant aux menues dépenses quotidiennes des campagnes, jusqu’aux grosses coupures en argent (5 Francs) et en or (20 Francs) destinées au grand commerce.
- L’indice de rareté d’après le tirage : Les registres officiels de la Monnaie de Paris répertorient le nombre précis d’exemplaires frappés. Une monnaie classée « Courante » (plusieurs dizaines de millions de frappes) présente un intérêt documentaire classique, tandis qu’une variante issue d’un atelier provincial à faible émission possède un intérêt historique bien supérieur.
- L’état de conservation : Observer les reliefs sert à dater la durée de circulation de l’objet avant sa perte. Sur une monnaie en état Très Beau (TB), l’usure prononcée des cheveux de l’empereur ou des serres de l’aigle atteste d’un long usage sous le Second Empire. Un état Très Très Beau (TTB) ou Superbe (SUP), où les feuilles de laurier restent intactes, signale une perte rapide après la frappe.
Comment lire les ateliers et symboles sur une pièce Napoléon III ?

Chaque monnaie porte la marque de son lieu de fabrication et la signature du graveur général. Ces repères minuscules déterminent la rareté historique du module.
- La lettre d’atelier : Sur les monnaies en bronze (1 à 10 centimes), cette lettre se situe au revers, sous les serres de l’aigle impérial. Sur les monnaies en argent et en or, elle figure au revers, sous l’écu ou la couronne. La lettre A désigne Paris, BB indique Strasbourg, D représente Lyon, K correspond à Bordeaux, W signale Lille et Q renvoie à Perpignan.
- Les différents de gravure : De part et d’autre du millésime ou de la lettre d’atelier se trouvent deux symboles miniatures. L’ancre signale l’atelier de Désiré-Albert Barre, tandis que la lampe à huile ou le poisson identifient les directeurs d’ateliers provinciaux.
- La légende monétaire : La titulature débute par NAPOLEON III EMPEREUR. Observez attentivement la base du cou : la signature en relief BARRE confirme l’authenticité de la gravure officielle de la Monnaie de Paris.
Focus sur la pièce Napoléon 3 de 1862 : Comprendre sa rareté réelle
La question revient fréquemment : quelle est la valeur d’une pièce Napoléon 3 de 1862 ? Ce millésime ne cache aucune fortune, mais marque le basculement officiel vers le type tête laurée.
- La 10 centimes bronze 1862 : Les ateliers de Paris (lettre A) et de Strasbourg (lettre BB) fabriquent ce module en masse cette année-là (plus de 30 millions d’exemplaires). Il s’agit d’une monnaie extrêmement courante en détection. En revanche, l’exemplaire frappé par l’atelier de Bordeaux (lettre K) affiche un tirage beaucoup plus modeste : sa présence dans une collection personnelle témoigne d’un parcours géographique spécifique.
- La 20 Francs 1862 : Frappée à plus de 12 millions d’exemplaires pour la seule Monnaie de Paris, cette monnaie de 6,45 grammes illustre l’abondance monétaire liée à l’expansion industrielle sous Napoléon III, sans constituer une rareté historique isolée.
Contexte Historique : Ce que ces monnaies raconent du Second Empire
Chaque monnaie découverte dans le sol matérialise une étape politique et économique du règne de Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873).
Neveu de Napoléon Ier et fils de Louis Bonaparte, il devient le premier président de la Deuxième République après la Révolution de 1848. Le coup d’État du 2 décembre 1851 lui ouvre la voie du pouvoir personnel. Un plébiscite rétablit la dignité impériale en décembre 1852 sous le nom de Napoléon III.

Ce changement de régime transparaît immédiatement dans les ateliers de frappe :
- La période de transition (1852) : Les premières émissions portent encore la mention RÉPUBLIQUE FRANÇAISE sur le revers, tout en affichant déjà le portrait de Louis-Napoléon Bonaparte sur l’avers. Dès 1853, la légende bascule définitivement vers EMPIRE FRANÇAIS.
- L’essor économique et ferroviaire : Sous l’impulsion de la modernisation industrielle et des chantiers parisiens conduits par le baron Haussmann, la France connaît une expansion bancaire sans précédent. Ce dynamisme explique les tirages massifs de pièces de 10 centimes en bronze et de 20 Francs, destinées à fluidifier une masse monétaire en circulation constante.
La politique extérieure influence directement la circulation locale. En 1865, la France fonde l’Union Monétaire Latine aux côtés de l’Italie, de la Belgique, de la Suisse et de la Grèce. Cet accord explique pourquoi vos trouvailles de terrain regroupent souvent des monnaies de Napoléon III mélangées à des pièces de Victor-Emmanuel II ou des centimes belges : ces devises partageaient un poids et un titre identiques et circulaient librement dans les bourses de l’époque.
Le règne s’achève brusquement avec la guerre franco-prussienne. Le 2 septembre 1870, la capitulation de Sedan entraîne la chute du régime et la proclamation de la Troisième République deux jours plus tard. Cette défaite donne naissance à une curiosité numismatique remarquable : les monnaies satiriques. Des opposants au régime ont gravé ou surfrappé les pièces de bronze à l’effigie de l’empereur en le coiffant d’un casque à pointe prussien ou en ajoutant un collier de chien portant la mention « Sedan », transformant ces monnaies officielles en véritables tracts de protestation populaire.
Préservation d’une monnaie Napoléon III sortie de terre
L’acidité des sols agricoles et l’humidité altèrent fréquemment les alliages, surtout le bronze. Un nettoyage agressif détruit la patine historique et fait disparaître les reliefs fins comme les plumes de l’aigle.
Pour nettoyer convenablement une trouvaille, laissez tremper la pièce dans de l’eau déminéralisée afin de ramollir les concrétions terreuses. Utilisez ensuite une brosse à poils souples ou un cure-dent en bois sous un bon éclairage pour dégager délicatement les contours de la légende sans rayer le métal. Bannissez tout produit chimique acide, le vinaigre, l’électrolyse ou la brosse métallique qui décapent la patine protectrice et réduisent l’intérêt de conservation du témoin historique. Pour stabiliser le bronze et empêcher les corrosions futures, appliquez une fine couche de cire microcristalline.



















